Passage Mélété

Ouvrir le champ des possibles pour que chacun trouve sa place et s'y sente bien!

By

Qu’est-ce que le développement personnel ?

La psychologie humaniste est née de divers courants de pensées qui ont révolutionné leur époque et notamment l’école de Palo Alto en Californie. « La Troisième Force » a vu le jour dans les années 1960 aux États-Unis.

Citons quelques-uns des pionniers de la psychologie humaniste:

  • Roger Vittoz, un médecin suisse qui a étudié, au début du 20e siècle,  l’équilibre corps- psychisme ;
  • Jacob Levy Moreno, psychiatre fondateur du psychodrame ;
  • Viktor Frankl, un psychiatre autrichien qui a développé la logothérapie après avoir passé plusieurs années en camp de concentration ;
  • Frtiz Perls, psychiatre et psychanalyste allemand, qui a fondé la Gestalt thérapie ;
  • Abraham Maslow, un psychologue américain connu pour ses travaux sur la motivation, et qui a axé ses recherches sur l’accomplissement de soi ;
  • Carl Rogers, autre psychologue américain à qui l’on doit l’idée de développement personnel et qui a insisté sur l’approche centrée sur la personne ;
  • Alfonso Caycedo, médecin espagnol qui met au point la sophrologie.

La psychologie humaniste fait ressortir l’idée du potentiel humain :

La personne a la capacité de s’autodéterminer et de grandir ;

Elle reconnaît qu’il existe un processus vivant, un élan qui pousse à accomplir et à s’accomplir ;

Elle implique l’engagement de la personne, sa responsabilité ;

Elle met en exergue la liberté de l’individu ;

Elle respecte la créativité qui permet le développement personnel de chacun ;

Elle s’appuie sur l’expérience, le vécu émotionnel, le ressenti des choses et de son propre corps ; elle intègre la dimension corporelle de la personne ;

Elle met en œuvre une relation respectueuse entre  patient et thérapeute.

Les approches du développement personnel ont été multiformes dans le sens où elles tentaient de prendre en charge la vie psychique, la vie mentale, le corps, le spirituel et le transcendantal.  On y retrouve Carl Rogers et son approche centrée sur la personne, Fritz Perls et la gestalt-thérapie, Jacob Levy Moreno et le psychodrame, Leonard Orr et le rebirthing, Alfonso Caycedo et la sophrologie, Eric Berne et l’analyse transactionnelle, et beaucoup d’autres encore. Chacun peut donc puiser les démarches et approches qui lui conviennent.

On pourrait définir le développement personnel comme une démarche de changement dans laquelle la personne  prend le risque de s’autoresponsabiliser, en vue de remettre en cause ses modes de pensée, ses croyances, ses certitudes et ses comportements au quotidien.

Les axes d’un travail sur soi peuvent s’articuler autour de quatre pôles principaux :

La relation à l’autre, la relation à soi, la relation à son histoire et le rapport avec la spiritualité.

Le point commun de toutes les démarches de développement personnel est la volonté d’atteindre un bénéfice : le développement personnel est la recherche d’une plus grande qualité dans certains domaines de la vie (liberté de communication, connaissance de soi, gestion des émotions).

La personne recherche fondamentalement une amélioration, un état de satisfaction.

Mais, attention ! Lorsqu’il est mal situé, le développement personnel rend précisément « personnel », c’est-à-dire, scrupuleusement soucieux de nous-mêmes : à force de vouloir développer leur personne, quel que soit le domaine concerné, les gens peuvent devenir égoïstes et indifférents. Ils abordent les techniques d’excellence comme un moyen de dominer leurs semblables ou de les écraser dans des courses au pouvoir et à l’argent. Il faut donc poser des limites claires au développement de soi afin de ne pas trahir des valeurs essentielles comme la bienveillance, le partage ou l’équité.

Une véritable démarche de développement personnel n’apporte pas qu’à soi-même, mais contribue à l’amélioration du monde.

Premiers pas vers le développement personnel

Apprendre à se connaître

Prenez RDV avec vous-même chaque jour : noter sur un carnet ce que vous avez ressenti, observé, perçu de vous-même ; suivre ses habitudes, ses réactions, ses relations et ses activités au quotidien, c’est extrêmement profitable car vous pourrez analyser vos comportements et émotions pour les améliorer. Mais, ne soyez pas exhaustif, il ne faut pas vous astreindre à ce « travail » de manière acharnée. Quelques mots chaque jour sont suffisants. Ce rendez-vous quotidien jour le rôle d’une parenthèse vous permettant de souffler, de prendre du recul, de réfléchir, d’anticiper et préparer votre journée du lendemain.

Cette série de questions peut vous aider dans votre introspection :

  • Qui suis-je ? (lister 10 qualificatifs pour se définir)
  • Qu’est-ce que j’aime et qu’est-ce que je n’aime pas ? Que j’adore et que je déteste ?
  • Quels sont mes centres d’intérêts ? Quelles sont mes passions ?
  • Quelles sont mes qualités et quels sont mes défauts ?
  • Qu’est-ce qui me met de bonne humeur ? Qu’est-ce qui me met de mauvaise humeur ?
  • De quoi suis-je capable ? De quoi ne suis-je pas capable ?
  • Quelles sont mes forces ? Mes faiblesses ?
  • Qu’est-ce qui me fait peur ? Qu’est-ce qui m’angoisse ?
  • Quels sont mes principes, quelles sont mes valeurs ?
  • Qu’est-ce qui est le plus important pour moi, dans ma vie ?
  • Qu’est-ce qui est le moins important pour moi, dans ma vie ?
  • Suis-je heureux ?
  • Suis-je satisfait de mon existence ? Qu’est-ce qu’il me manque à l’heure actuelle ?
  • Qu’est-ce que je souhaite changer chez moi ? Qu’est-ce que je souhaite garder ?
  • Qu’est-ce que j’apprécie chez les autres ? Qu’est-ce que les gens apprécient chez moi ?
  • Comment les autres me perçoivent-ils ?
  • Comment serait mon ami idéal ? Mon partenaire idéal ?
  • Quels sont mes objectifs au niveau personnel et au niveau professionnel ?
  • Quelles sont mes attentes et mes motivations ?

Une connaissance approximative de soi ne peut aboutir qu’à une estime de soi floue, instable : se connaître véritablement signifie essayer de se voir avec justesse.Comment serait-il possible de déterminer la valeur de quelque chose sans la connaître réellement?

Sortir des conditionnements

Notre éducation, notre expérience d’enfant, d’adolescent et de jeune adulte, notre vie sociale, nos rencontres, les relations professionnelles nous construisent, forgent notre façon de vivre et de penser. Nous n’avons pas tous subi de grands traumatismes mais les écueils rencontrés, les jugements stigmatisants, les situations anxiogènes ont imprimé dans notre corps et notre esprit des marques douloureuses.

Ces blessures psychologiques conditionnent notre personnalité à travers ce qu’on appelle le faux-self ; c’est comme cela que D.W. Winnicott a nommé la construction de la personnalité basée sur des mécanismes de défense qui nous coupent de notre nature profonde.

Le self est à la fois le moi, le ça (ensemble des pulsions instinctuelles) et une partie du surmoi. Il est, selon Winnicott, la partie la plus créative de la personnalité, celle qui joue et imagine. Si l’enfant se développe au contact de son environnement, Winnicott met à jour, à travers ses travaux sur le développement de l’enfant, la naissance d’un autre self chez l’enfant, contraint de se soumettre aux exigences extérieures et ayant perdu sa spontanéité et son authenticité et qu’il nomme faux self.

La démarche thérapeutique va s’attacher à  clarifier la différence entre ce qui est arrivé (le circonstanciel, l’événementiel parfois douloureux) et celui qui l’a vécu (l’existentiel, l’individu de valeur toujours inestimable). La résistance (initiée par le faux-self) est inscrite dans le corps : les thérapies comme la sophrologie, aident à se libérer des  cuirasses musculaires, présentées dans la théorie de William Reich. Le coaching va objectiver le regard de la personne sur sa condition personnelle, en quelque sorte, déméler le vrai du faux…

Donner du sens

Le mode de vie occidental nous conduit vers le zapping, la course à la performance, une succession rapide d’environnements différents (lieu de travail, lieux sociaux, lieux publics, domicile, séjour, cuisine, chambre). Le modèle sociétal du  « toujours plus, toujours mieux » est ancré comme un conditionnement dans notre mode de pensée .

De temps à autre, on peut perdre le contrôle de cette vie si « bien » remplie ; pour reprendre le contrôle,  on peut s’organiser : planification, rigueur, emploi du temps, listing : les méthodes d’ordonnancement ne manquent pas !

Il peut aussi être intéressant de simplifier son environnement, en se délestant du superflu : « zen-attitude », intérieur sobre et dénudé, hiérarchie besoins/ désirs, hygiène de vie…

Mais le plus important reste encore de donner du sens à ce quotidien : trouver les éléments moteurs qui dynamisent chaque acte, s’enthousiasmer chaque jour face à des situations courantes, vivre dans l’ ici et maintenant.

L’instant présent est la temporalité où l’on peut vivre réellement ! C’est dans l’instant présent qu’on construit  un futur positif ; c’est l’instant présent qui permet d’analyser son passé, d’assimiler ses expériences vécues, pour profiter pleinement de sa vie.