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L’estime de soi

L’estime personnelle, c’est la valeur intrinsèque qu’on s’accorde, indépendamment de son apparence, de ses possessions matérielles et de ses performances.logo

Pour être heureux, il est nécessaire de s’estimer, c’est-à-dire de s’évaluer positivement. L’idée que l’on se fait de soi évolue  avec le temps, tout au long de sa vie.

L’enfant et l’adolescent : les bases de l’estime de soi.

Les 1ères années de la vie, notamment la période de l’attachement (0-2 ans), sont prépondérantes dans le développement psychique. Les parents qui favorisent l’estime personnelle guident leur enfant dans leur vie sociale, affective, intellectuelle et morale, en confirmant ses forces, ses qualités, ses réussites.

Pour construire une bonne image de soi, l’enfant apprend à se voir d’abord dans les yeux des personnes qui comptent pour lui : parents, frères et sœurs, enseignants, pairs.

Accorder sa présence et de l’attention à l’enfant, c’est l’éduquer chaleureusement en proposant des renforcements concrets et réguliers.

En bref

S’estimer, c’est s’évaluer positivement, prendre conscience de sa propre valeur et de son importance.

L’estime amène une attitude bienveillante à l’égard de soi ;  c’est être digne d’être aimé et apprécié. Une bonne estime personnelle offre un sentiment de sécurité favorable à l’utilisation de son libre arbitre, de ses capacités face aux défis de la vie.

L’estime personnelle développe l’aptitude à faire face à la réalité et au monde.

 

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La construction de l’estime personnelle.

Si le bébé est suffisamment protégé, nourri et caressé, il se sent bien dans sa peau. Vers 18 mois, l’enfant explore son environnement et est confronté a des premiers choix, des décisions. L’acquisition du langage qui devient compréhensible vers 2-3 ans lui permet de revendiquer son autonomie : la réaction des parents est déterminante en ce sens qu’ils le reconnaissent comme un individu à part entière, différent d’eux. Vers 3-4 ans, l’enfant connait la peur, les stratégies de séduction et de manipulation. Il a besoin de se mettre en avant pour être valorisé et reconnu. Vers 7-8 ans, avec l’acquisition du raisonnement logique, l’enfant est capable d’avoir une idée critique face à lui-même : il peut faire une évaluation globale de sa valeur personnelle dans les divers aspects de sa vie. C’est le début de l’estime personnelle.

A l’entrée à l’école primaire, l’enfant apprend à porter des jugements logiques et pratiques. L’image de soi physique et sociale s’enrichit de l’image de soi intellectuelle.

La sphère sociale s’agrandit et de plus en plus de personnes portent des jugements sur l’enfant: certaines paroles ou des actes de négligence mettent à mal l’estime personnelle.

L’adolescence est une période délicate durant laquelle le jeune construit son identité. Il a plus que jamais besoin  de l’adulte pour reconnaître sa valeur et consolider sa fierté personnelle.

La relation enfant-adulte / l’attachement

Les relations de l’enfant avec les personnes significatives, si elles sont favorables, vont contribuer à une bonne estime personnelle. A contrario, des propos ou jugements négatifs peuvent être délétères.

Plus l’attachement est fort, plus le jugement ou les actes de l’adulte auront un impact sur la construction identitaire de l’enfant.

L’adulte doit souligner les petites réussites de l’enfant de manière à ce que celui-ci en prenne pleinement conscience et qu’il engendre le souvenir :  l’estime personnelle fonctionne par la mémoire.

L’enfant et le jeune ont besoin que leur valeur personnelle soit validée par un adulte.

La  notion de valeur personnelle – la conscientisation

C’est en premier lieu au travers du regard de l’autre (adulte important pour l’enfant) que l’enfant se voit : l’estime personnelle prend donc pied sur une source extrinsèque.

Le plus important n’est pas l’acte réussi de l’enfant, mais sa verbalisation (son acceptation) par un adulte : la validation du geste positif permet la conscientisation. Grâce à la répétition des réactions et paroles positives de l’adulte, l’enfant pourra peu à peu construire un monologue intérieur : en intériorisant, l’enfant nourrit son estime personnelle intrinsèque

Les composantes de l’estime de soi

Quatre éléments constituent l’estime de soi : le sentiment de sécurité et de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance, le sentiment de compétences.

L’estime personnelle est développé grâce au sentiment de sécurité et de confiance. Une fois cet environnement créé et solide, l’enfant peut apprendre à se connaître, s’intégrer à un groupe et apprendre.

Le sentiment de sécurité et de confiance.
La sécurité

La sécurité exogène (créée par les parents) devient peu à peu endogène et se traduit chez l’enfant par une attitude de confiance face aux autres et à soi-même.

Le milieu doit répondre au besoin de sécurité physique et psychologique : lieu de garde, école, protection contre les produits toxiques et environnement sécurisé.

L’enfant doit être nourri de conseils à suivre pour faire face seul aux dangers. Si l’enfant comprend qu’on le protège, il sent qu’on lui accorde de la valeur, ce qui favorise l’estime personnelle. Sur le plan psychologique,, ce sont les soins réguliers et la présence stable des adultes qui sécurisent l’enfant et l’amènent à une attitude de confiance.

Les attitudes éducatives favorisant le sentiment de sécurité :

  • être présent, être attentif, accorder du temps

  • garantir une stabilité dans les habitudes au quotidien

  • promouvoir une attitude d’autorégulation : l’enfant apprend peu à peu le permis et l’interdit

  • maintenir des règles de conduites sécurisantes et stables

  • reconnaître les bons comportements (félicitations)

  • aider l’enfant à gérer les stress face à l’inconnu et à la nouveauté.

La confiance

Quand l’enfant évolue dans un environnement sécurisé et que l’adulte est considéré par l’enfant comme fiable et sécurisant, l’enfant parvient à intérioriser le sentiment de confiance. La confiance en l’autre devient confiance en soi. Cette confiance en soi est aussi nourrie quand l’adulte fait confiance à l’enfant : celui-ci développera des capacités d’adaptation en découvrant son environnement, tout en se sentant protégé !

Sécurité exogène

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Sécurité endogène

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Confiance en l’adulte

Sentiment de sécurité stable

Confiance en soi

Adaptation à l’environnement, à soi, aux autres


Estime de soi

Les attitudes éducatives favorisant la confiance :

  • Proposer un cadre de vie stable (horaire et lieu réguliers)

  • Instaurer des routines et rituels

  • Garantir une sécurité physique et psychoaffective

  • Réconforter dans les moments difficiles

  • Accueillir les émotions

  • Tenir ses promesses

  • Etablir les règles de conduite stables

  • Préparer l’enfant aux changements

  • Proposer des activités de relaxation pour réduire le stress et l’anxiété

La connaissance de soi.

Apprendre à se connaître est l’oeuvre de toute une vie mais elle devient de plus en plus précise. Pour reconnaître sa propre valeur (estime personnelle) il est indispensable de se connaître soi-même.

C’est d’abord grâce aux interactions sociales que l’enfant apprend à se connaître ; En présence d’adultes et de pairs, l’enfant développe des habiletés grâce aux activités auxquelles il participe. L’enfant prend conscience de ses caractéristiques physiques, de ses besoins et sentiments et de ses capacités physiques, intellectuelles et sociales.

L’identité personnelle se construit en constatant ses différences , ses ressemblances par rapport aux autres.

Les attitudes nuisibles à la connaissance de soi :

  • La recherche et la mise en valeur des lacunes et des fautes

  • Les mots qui blessent

  • Les généralisations stigmatisantes : « Il ne range jamais sa chambre »

  • Les messages négatifs

  • Les critiques en public

Attitudes éducatives favorisant la connaissance de soi :

  • Tisser une relation d’attachement , de connivence

  • Reconnaître les différences entre les enfants

  • Faire le deuil de l’enfant rêvé

  • Faire preuve d’empathie et de chaleur humaine

  • Favorisder l’affirmation et l’autonomie

  • Considérer l’unicité de l’enfant

  • Aider l’enfant à identtifier ses besoins

  • Aider l’enfant à surmonter les difficultés

  • Dissocier l’enfant de son comportement

Le sentiment d’appartenance

L’homme est un être social et grégaire. Il a besoin d’appartenir à un groupe, de sentir qu’il est rattaché à un réseau relationnel.

Que l’on cherche à être perçu comme semblable aux autres ou différent, ce sont les autres qui confirment notre existence. Ce que les autres nous disent, leurs réactions nous aide à nous définir et nous donne envie de nous amélioreer.

L’estime de soi sociale est déterminée par la valeur qu’on s’attribue dans sa famille, son groupe d’amis et la société entière.

Jusqu’à 2-3 ans, l’enfant est plutôt solitaire même s’il aime être en présence de petits comme lui. Il apprend à tolérer la proximité des autres. Vers 4 ans, l’enfant réclame des pairs pour participer à des jeux associatifs ou des coopérations.Le choix des copains s’affectue sur la base des intérêts communs et fluctue selon les activités.

L’enfant prend peu à peu ses distances avec parents aux profits d’un ouverture au monde social.

Entre 5 et 12 ans, l’enfant ressent un fort besoin d’être aimé, estimé et accepté par ses pairs;il imite souvent les enfants qu’il admire et valorise et éprouve le besoin d’être semblable à ceux qu’il aime.Grâce aux intéractions avec ses pairs, l’enfant ressent qu’il a une valeur pour les autres.

Attitudes éducatives favorisant le sentiment d’appartenance :

  • Etre un modèle de partage , d’ouverture aux autres

  • Organiser des activités familiales

  • Promouvoir la justice et l’équité dans la famille

  • Confier des responsabilités et valoriser la contribution à la vie familiale

  • Instaurer le respect entre les membres

  • Encourager les enfants à être sensibles à la dimension sociale, à être généreux et à pratiquer le partage et l’entraide

  • Suggérer des stratégies de résolution de problèmes sociaux

  • Donner un feedback positif sur les habilités sociales

Le sentiment de compétence

D’après Benjamin BLOOM, pédagogue US, on acquiert 80% de nos connaissances en dehors de l’école.

     Le premier exemple est l’acquisition du langage oral : celui-ci s’apprend avant l’entrée à l’école, grâce à l’interaction avec les parents.

Le sentiment de compétence est défini comme l’intériorisation et la conservation de souvenirs de succès personnels. En ressort une motivation profonde à poursuivre des buts personnels et une conviction d’être capable de relever des défis  et d’acquérir différentes connaissances.

Avant 7-8 ans, l’enfant vit un sentiment de réussite en se centrant sur le résultat ou sur le produit / l’action. Il n’établit que peu de relations causales entre son attitude, ses stratégies et le résultat qu’il obtient.

S’il est encouragé, l’enfant comprend la relation entre son attitude (motivation, attention, autonomie), les stratégies utilisées et le résultat (échec ou réussite). Un sentiment d’efficacité naît lorsque l’enfant perçoit que sa démarche (attitude + stratégie) influe fortement sur le résultat.

 Motivation et sentiment de compétence

La motivation est un ensemble de forces qui pousse un individu à agir. C’est l’anticipation du plaisir ou de l’utilité d’une tâche à accomplir.

La motivation scolaire se cultive : l’enfant est curieux de voir ses parents lire par exemple. L’enfant est incité à découvrir les activités intellectuelles. Si les parents n’ont pas de vie intellectuelle et s’ils s’intéressent peu aux activités scolaires de leur enfant, il y a un fort risque pour que l’enfant en fasse autant.

Pour nourrir la motivation scolaire, l’enfant doit percevoir l’utilité des activités. Les parents ont un rôle important en aidant l’enfant à utiliser ses connaissances dans plusieurs domaines.

Attitudes éducatives favorisant le sentiment de compétence :

  • Connaître les capacités et le niveau de développement de l’enfant

  • Réactiver le souvenir des réussites passées

  • Lui proposer des activités stimulantes

  • L’informer de l’utilité des activités ou des apprentissages

  • Favoriser l’autonomie de l’enfant et la prise d’initiatives

  • Faire régulièrement des rétroactions pour mettre en évidence les liens entre attitude, stratégie et résultat

  • Suggérer plusieurs stratégies et moyens d’apprentissage

  • Aider l’enfant à reconnaître, dédramatiser, accepter et corriger ses erreurs

  • Favoriser la créativité

  • Mettre en valeur l’attitude et la stratégie plutôt que le résultat

  • Stimuler le développement de la pensée

En conclusion

L’estime personnelle consiste à percevoir ses forces, ses qualités et ses limites.passage-melete.com.jeunes

Les défis à relever doivent correspondre à un objectif réalisable pour l’enfant.

Travailler à développer l’estime de soi des enfants, c’est avoir comme projet éducatif de leur permettre d’actualiser ce qu’ils ont de meilleur en eux.

En savoir plus:

Qu’est-ce que le développement personnel?

Comment favoriser l’autonomie de l’enfant?

L’estime de soi

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