Passage Mélété

Ouvrir le champ des possibles pour que chacun trouve sa place et s'y sente bien!

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Comment favoriser l’autonomie de l’enfant ?

Un enfant bien préparé à l’autonomie sera un adulte capable de prendre des décisions et de faire des choix.

Etre autonome, c’est agir sans  l’aide d’autrui. C’est avoir les possibilités physiques et mentales de se gouverner par ses propres moyens, de subvenir à ses besoins personnels.

Pourquoi amener son enfant à l’autonomie ?

L’adulte autonome sait se forger ses propres règles et a une vision positive de lui-même. On touche ici à l’identité même de la personne qui élabore le monde dans lequel il vit.

Il est primordial de favoriser l’autonomie de l’enfant : cela lui permet d’acquérir un sentiment d’efficacité personnelle ( « je suis capable de faire… tout seul ») ce qui développera sa confiance et son estime de lui-même.

D’abord, l’autonomie permet à l’enfant de développer le sentiment d’avoir du pouvoir ou une influence sur sa vie ; il n’est plus uniquement soumis aux personnes extérieures. La réticence des parents à favoriser l’autonomie de leur enfant peut l’amèner à exprimer une colère, une révolte ou au contraire, de la résignation et de la nonchalance.

Ensuite, l’autonomie permet à l’enfant de participer activement à la vie de la famille : celle-ci représente le 1er groupe social auquel appartient l’enfant. S’il contribue à la bonne marche du quotidien, l’enfant se sent important et développe son sentiment d’appartenance au groupe familial.

De plus, pour Maria Montessori, « Faire l’expérience de l’autonomie n’est pas seulement un jeu. C’est un travail que l’enfant doit accomplir pour grandir ». L’acquisition de l’autonomie entraîne l’autodiscipline et concourt donc à la capacité à se concentrer,  s’auto-réguler, mais aussi coopérer, interagir avec les autres et donc se socialiser.

Lʼobjectif de lʼadulte est dʼaider lʼenfant à prendre confiance en lui pour quʼil puisse se débrouiller par lui-même: «Jʼai confiance en toi, je sais que tu vas y arriver seul, et si tu as besoin dʼaide je serai là. Si tu te trompes je serai là aussi pour tʼexpliquer».

Comment faire ?

  • L’enfant doit être encouragé pour les efforts qu’il fournit ( pas seulement quand il réussit mais aussi quand il essaie)
  • L’aménagement de la maison devrait fournir à l’enfant les moyens de se débrouiller seul : un marche-pied devant le lavabo et l’évier, des paniers identifiés pour ranger ses affaires, des casiers pour les jouets, des étagères pour les livres, un tapis confortable pour jouer par terre, quelques coussins…
  • L’instauration de rituels qui favorisent l’autonomie est indispensable : Accrocher son manteau en rentrant à la maison, déposer ses affaires toujours au même endroit, préparer ses vêtements la veille, mettre la table le soir, etc
  • On incite l’enfant à prendre des initiatives pour les activités qui le concernent : plier son linge et le ranger, mettre de l’ordre dans sa chambre, faire son lit (avec une couette !) ; on lui propose de faire des choix par lui-même (une jupe ou un pantalon ? Jus d’orange ou jus de raisin ? beurre ou confiture ?…)
  • On prévoit du temps supplémentaire quand on fait quelque chose ensemble ( mettre le linge dans la machine, ranger un placard, nettoyer l’évier de la cuisine…) pour permettre à l’enfant d’avoir du temps pour effectuer sa tâche seul.
  • Il est nécessaire d’être disponible en cas de besoin mais avant d’aider l’enfant, on lui demande s’il veut un coup de pouce.

L’autonomie, c’est exercer la liberté !

Bien sûr, ça va plus vite de faire à la place de l’enfant : mais ça ne favorise pas la prise d’initiatives et l’enfant peut être découragé. Soyons patient ! Lançons-lui des petits défis à sa mesure !

L’enfant a besoin d’être rassuré ; des petites phrases du type « je pense que tu es capable de le faire seul » lui montre que vous avez confiance en lui et l’encourage à cheminer seul.

L’autonomie offre aussi la possibilité de « faire pour les autres » : vider le lave-vaisselle, passer l’éponge sur la table, préparer une tartine pour la petite sœur…

L’autonomie, c’est prendre des risques !

L’enfant fait des essais, il manipule, il découvre. Ses échecs constituent des étapes à franchir, des leçons de vie. Il a cassé son verre ? Utilisez des gobelets ! Il est parti à l’école en chaussons ? Riez-en avec lui !

Mesurez bien les responsabilités que vous lui confiez, en tenant compte de son niveau de compréhension et son tempérament.

L’autonomie, c’est savoir prendre soin de soi !

Développer la capacité de l’enfant à être seul, à jouer tout seul, à s’occuper, à inventer  favorisera sa capacité à utiliser la pensée. L’enfant cherchera à résoudre lui-même ses problèmes, à trouver du sens à son ennui.

Cherchez à adopter une position équilibrée entre l’attitude de surprotection (« je t’aime donc je te protège ») et l’attitude qui favorise l’indépendance (« je t’aime et je te connais bien, c’est pour ça que je te laisse partir et je te fais confiance »).

L’autonomie et la confiance sont liées… ainsi nous avons un rôle à jouer dans la construction de leur connaissance d’eux-mêmes. Il est primordial, pour être autonome, de ne pas trop craindre la séparation et le fait d’être tout seul. Il est également important de connaître ses forces et ses faiblesses.